Arc Bois Chasse - Les arcs en bois de coeur

Arc-Bois-Chasse

Les arcs en bois de coeur


     

 Le Néolithique représente la dernière phase de la préhistoire en Europe. Elle est synonyme de sédentarisation, générée par un nouveau mode de vie qui fait appel à de nouvelles techniques comme la découverte et l’utilisation de la céramique, la domestication de certains animaux sauvages et la pratique de l’agriculture.

L’utilisation de l’if (taxus Baccata) pour les arcs est caractéristique du néolithique. Son utilisation devient  exclusive en Europe occidentale et centrale. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour l’utiliser ?

 

  • Tout d’abord l’if semble absent des forêts du Boréal.  L’if  n’est devenu disponible qu’à partir de la phase climatique Atlantique au 4e millénaire (Cattelain 2004).

  • L’extrême lenteur de la croissance de l’if (en moyenne 1 siècle pour un tronc de 10 cm).

  • L’if est un bois comportant de nombreux défauts, le choix draconien de l’arbre ou de la branche à couper implique en général une colonie d’ifs  importante.
 
                                          

 

Les arcs retrouvés sont cependant assez nombreux, une soixantaine sous forme de fragments pour la plupart suggérant une population humaine qui s’accroît, des outils d’abattage performant comme les haches polies et une utilisation intensive de l’arc, peut être plus à la guerre qu’à la chasse, si bien qu’à l’âge du bronze, cette matière première commence à faire défaut et que l’orme, le cornouiller et sans doute d’autres essences sont de nouveau employées (Junkmanns 2001).

 

 

La découverte de la momie du massif de l’Ötzal a livré des renseignements intéressants sur la facture d’arcs et de flèches datée de 3300 av. J.C. En effet, L’arc se présente sous forme d’ébauche comportant de nombreuses traces d’outils sur toute la surface et n’est pas encore fonctionnel (Spindler 1995).

 

Les sections d’arcs en if du néolithique  sont souvent plan-convexe, suggérant un dos très plat ou légèrement concave sur des parties localisées et un ventre arrondi. L’aubier du bois est supprimé et les cernes de croissance disposés de façon parallèle dans l’axe de l’arc.

Cette technique fonctionne bien si le bois ne comporte pas de défauts importants comme des nœuds vermoulus ou des départs de branches par exemple. Les défauts du grain du bois doivent par contre, suivre les sinuosités imposées par la pièce de bois et être bien gérés pendant la fabrication.

Les 14 flèches transportées dans le carquois d’Ötzi sont en viorne (viburnum Lantana) mais seulement 2 flèches sont fonctionnelles. Les armatures sont des pointes à retouches couvrantes bifaciales. Les autres flèches, comme l’arc, sont des ébauches.

Les armatures de la fin du néolithique sont des pointes foliacées, triangulaires, avec ou sans pédoncule. 

 

 

  

 

  •  182cm de long et 3.6 cm de large. Sa puissance est de 56 livres.

                                                        

       

 

  • La poignée est en peau de cerf et les ligatures des poupées en fil de chanvre.

 

  • Des copies de ces arcs peuvent être réalisées. Toutefois la qualité d'if pour fabriquer ce type d'arc est difficile à trouver. La méthode conventionnelle qui consiste à suivre un seul cerne de croissance pour le dos permet d'utiliser une gamme plus large d'if.

 

  • Photos ci dessous: à gauche, section d'arc néolithique en if. Les nombreux cernes de croissance apparaissent en parallèle sur le dos de l'arc.  
  • Photos de droite, méthode conventionnelle, plus complexe à réaliser, un seul cerne de croissance est utilisé pour le dos de l'arc.
 

                   

   

           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Meare Heath

 

C’est en 1961 dans des tourbières du Somerset en Angleterre qu’un fragment d’arc en if  évalué à plus de 190 cm de long et de plus de 6 cm de large a été découvert. Il est daté de 2800 av. J.C.

Son apparence diffère beaucoup des autres arcs en if du néolithique qui sont plus fins et sans poignée bien marquée.

Pourquoi avoir fabriqué un arc d’une telle dimension ?

Il y a plusieurs raisons à cela :

-Le dos de l’arc est conçu sans technique apparente.

 

                     

 

Aucun cerne de croissance n’est suivi ni à l’horizontale, ni à la verticale. Il est donc fragilisé sur la partie la plus sensible de l’arc. La longueur et surtout la largeur qui semble superflue va au contraire diminuer le stress des fibres du bois qui va se répartir de façon plus ou moins homogène sur toute la surface du dos. Ainsi, grâce à cette matière supplémentaire les risques de rupture de l’arc sont diminués.

L’if,  essence très élastique, semble moins apte à se rompre dès lors qu’il y a des défauts de conception.

 

-Plus un arc est grand, moins les branches plient à pleine allonge. Un arc plus court  sera plus contraint à la même allonge. Il y a donc moins d’étirement sur les fibres du dos et moins de compression sur les fibres du ventre. Cette conception de fabrication peut générer des arcs très durables.

Il pouvait sans doute être allongé à 30 ou 31 pouces et tirer des flèches très loin. Il s’agit peut être d’arc de guerre, il en a les caractéristiques techniques. Son envergure suggère un usage dans un contexte environnemental plus dégagé qu’un sous bois forestier.

Un arc en if de cette dimension et séché dans les règles de l’art peut avoir une puissance supérieure à 100 livres (50 kg environ). Si le bois est vert sa puissance sera inférieure à 50 livres.

 

    

 

Les ligatures entourant la totalité de la surface de l’arc (sauf la poignée) ont une fonction encore mal déterminée. Le fragment d’arc retrouvé a conservé des bandelettes de 1 ou 2 cm de large en cuir cru enroulée et collée. Une deuxième ligature sans doute en tendons, disposée en croisillon a également été confectionnée autour de l’arc puis supprimée par l’artisan de l’époque !

Hypothèse :

-Seul les négatifs et les traces de suppression de la ligature sont visibles sur l’artefact.

Il est possible qu’il s’agisse d’une idée de décoration géométrique que le fabriquant aurait abandonné par la suite.

 

Ces ligatures en cuir crue semblent également une sécurité qui maintiendrai l’arc en place lors d’une rupture due à la faiblesse du dos. 

 

 


  • LES ARCS EN ROBINIER

Le robinier est une essence importée des Etats unis au 18e siècle en France. Son utilisation comme bois d'arc est largement attesté chez les Cherokees, dans les états du sud est comme la Virginie, la Géorgie d'où cet arbre est originaire.
Ce bois très dur et inaltérable donne d'excellents résultats au niveau de la performance au tir mais également dans des conditions d'humidité importante.
C'est l'arc de chasse idéal. 
 
  • Ci dessous, flat bow en robinier, 68 pouces, 55 livres.
 
 



  • Les arcs pyramidaux ont la particularité d'avoir environ la même épaisseur de branches au sortir de la poignée jusqu'aux extrémités. Cette tradition d'inspiration préhistorique a perduré aux Etats Unis jusque dans les années 1940.

     



  •  Les arcs de caractères (characters bows).

 

Le robinier a souvent de nombreux défauts, comme l'osage, qui implique une approche du travail à faire différente et qui sollicite souvent tout le savoir faire du fabricant.

Les cernes de croissance ondulent comme des vagues tandis que le grain du bois serpente comme une route de montagne, ponctué de noeuds plus ou moins important.

Tous ces défauts ne nuisent pas à la qualité du bois mais sont gérés de manière à péréniser le bon fonctionnement de l'arc.

Le temps passé à leurs conceptions est plus long mais génèrent des pièces uniques de factures complexes.

 

  
 
Ces 2 arcs ont une couleur différente. Le plus foncé a été fabriqué il y a une dizaine d'années, le plus clair est fini depuis quelques mois. Les tannins sont les pigments des bois de coeur, les couleurs peuvent varier d' un arbre à l'autre.